La consommation de V&S à l’horizon 2035
Le paysage mondial des boissons alcoolisées entre dans une nouvelle phase. Après plusieurs années de contraction, les projections de l’IWSR à l’horizon 2035 dessinent moins un scénario de crise qu’un profond rééquilibrage. Les volumes mondiaux devraient finalement se stabiliser, mettant un terme à une décennie marquée par le recul de la consommation dans les marchés historiques. Cette stabilisation ne signifie toutefois pas un retour au monde d’hier.
Le premier enseignement est symbolique. Pour la première fois depuis le début des relevés de l’IWSR, les spiritueux dépassent le vin en volume de consommation. Le décrochage de ce dernier, attendu à près de 14 % sur dix ans, confirme que le vin est aujourd’hui la catégorie la plus exposée aux nouvelles attentes des consommateurs. Modération, diversification des occasions de consommation, montée des boissons prêtes à boire et développement du sans-alcool redessinent durablement le marché.
Le second enseignement est géographique. La croissance ne viendra plus des marchés occidentaux mais des économies émergentes. Dès 2032, l’Inde devrait dépasser les États-Unis pour devenir le deuxième marché mondial des boissons alcoolisées, derrière la Chine, portée par une progression de près de 40 % de sa consommation. Dans le même temps, l’Europe, l’Amérique du Nord et même la Chine continueront de perdre du terrain. Le centre de gravité de la consommation mondiale bascule définitivement vers l’Asie du Sud, l’Afrique et une partie de l’Amérique latine.
Pour les producteurs français, cette photographie de 2035 est riche d’enseignements. Les perspectives de volume resteront limitées sur les marchés traditionnels, tandis que les relais de croissance se déplaceront vers des pays où la culture du vin demeure à construire. Plus que jamais, la création de valeur primera sur la conquête des volumes. Premiumisation, innovation, adaptation aux nouveaux usages et investissement commercial sur les marchés émergents constitueront les principaux leviers de développement.
La bonne nouvelle est peut-être là : le marché mondial ne disparaît pas, il change de visage. Les entreprises qui sauront anticiper ce déplacement de la demande et accompagner l’évolution des modes de consommation disposeront encore d’importantes marges de croissance. Les autres risquent de découvrir que la véritable rupture des années 2030 n’est pas la baisse de la consommation, mais le déplacement durable de son épicentre.
Lire l’article Horizon 2035 entier dans la RVI de septembre 2026.
Cet article a été publié le 7 juillet 2026.



