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Castel : la justice singapourienne tranche la bataille pour le contrôle d’IBBM

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Le feuilleton de la succession de Pierre Castel connaît un tournant majeur. Vendredi 2 octobre, la Haute Cour de Singapour a confirmé les résolutions adoptées le 2 février par l’assemblée générale d’Investment Beverage Business Management (IBBM), holding du groupe Castel. Selon les conclusions communiquées par le camp de Romy Castel, la justice reconnaît la validité de ses droits de vote et confirme la révocation de Grégory Clerc et Pierre Baer de leurs fonctions d’administrateurs.

La décision vient clore huit mois de bataille judiciaire autour du contrôle de la gouvernance du groupe. Depuis février, plusieurs procédures avaient déjà empêché les deux dirigeants d’exercer leurs fonctions d’administrateurs. La Haute Cour avait également constaté cet été l’apparition d’un « vide de gouvernance » au sommet d’IBBM.

Le nouveau conseil doit désormais accueillir Romy Castel ainsi que trois administrateurs indépendants : Chua Pin, François Wertheimer et Philippe Damas. Leurs nominations restent soumises à l’approbation de l’Autorité monétaire de Singapour (MAS). Le choix de trois financiers expérimentés en Asie traduit la volonté d’institutionnaliser davantage la gouvernance d’un groupe longtemps organisé autour de la personnalité de son fondateur.

L’après-Pierre Castel se dessine

Au-delà de la procédure singapourienne, c’est donc la transmission de l’empire bâti par Pierre Castel qui entre dans une nouvelle phase. L’enjeu était de déterminer comment le pouvoir des actionnaires pouvait s’exercer au niveau d’IBBM et, notamment, si Romy Castel pouvait utiliser ses droits de vote lors de l’assemblée de février. La Haute Cour avait rappelé dans une précédente décision la distinction entre les droits attachés à l’actionnariat et les pouvoirs de gestion confiés aux administrateurs.

Le conflit avait progressivement opposé Romy Castel et plusieurs actionnaires à Grégory Clerc, devenu directeur général du groupe en 2023. Romy Castel conteste notamment les conditions de sa rémunération et une indemnité de départ qu’elle estime à 36 millions d’euros. Ces accusations sont distinctes des constatations judiciaires rendues à Singapour.

La bataille de gouvernance laisse désormais place à celle de la stratégie. Dans le vin, Romy Castel entend travailler avec Philippe Castel et Alain Castel, respectivement PDG et directeur général délégué de Castel-Vins, pour adapter le groupe à la forte déconsommation qui frappe le marché français. En Afrique, autre pilier historique de l’empire, la nouvelle gouvernance annonce vouloir relancer une politique d’acquisitions et renforcer ses investissements dans l’agriculture.

Autre chantier sensible : la conformité. Romy Castel entend finaliser la régularisation fiscale du groupe, renforcer ses procédures de conformité et mettre en place un siège social effectif et centralisé.

« Cette décision consacre la volonté exprimée par les actionnaires et marque le retour à une gouvernance transparente, compétente et fidèle à ce que mon père a construit », déclare Romy Castel.

Après des mois d’affrontement, la question centrale change donc de nature. Il ne s’agit plus seulement de savoir qui contrôlera l’après-Pierre Castel, mais quelle stratégie la nouvelle gouvernance donnera à un empire familial confronté simultanément à la crise du vin en France, aux enjeux de croissance en Afrique et à la nécessité de moderniser son organisation.

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Cet article a été publié le 3 octobre 2026.

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