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Ruinart 1926, le trésor retrouvé

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Dans la pénombre feutrée des caves de Collonges-au-Mont-d’Or, une découverte presque romanesque surgit en 2023. Au cœur du restaurant de Paul Bocuse, dix-huit flacons presqu’oubliés de Ruinart Millésime 1926 refont surface, comme un message délicatement adressé par le temps. Très vite, la Maison mesure la portée de ce trésor : ces bouteilles deviennent les plus anciennes jamais conservées dans ses caves, désormais précieusement gardées au 4 rue des Crayères, à Reims.

Un siècle plus tard, le champagne raconte toujours une histoire. Celle d’un millésime né sous un ciel capricieux, consigné dans les carnets de cave avec une précision presque tactile : floraison tardive, maladies nombreuses, mais une vendange sauvée par la lumière sèche d’octobre. À l’époque, Maurice Hazart évoquait des vins élégants, sans excès de puissance, promesse discrète d’un équilibre subtil.

Il aura fallu attendre près de cent ans pour en saisir toute la vérité. Lorsque Frédéric Panaïotis ouvre l’un de ces flacons, l’émotion dépasse l’analyse. Sous la patine du temps, le vin révèle une vitalité intacte : fruits mûrs, agrumes confits, chaleur enveloppante. Une survivance presque miraculeuse, comme si le siècle écoulé n’avait été qu’un long sommeil.

Aujourd’hui, Caroline Fiot inscrit cette redécouverte dans une vision plus vaste : celle d’un dialogue entre les générations de chefs de caves, où chaque geste prolonge une mémoire invisible. « Le temps est un complice », nous confie-t-elle, soulignant combien ces bouteilles offrent un témoignage rare du style de la Maison.

Pour célébrer ce centenaire, Ruinart imagine une expérience à la mesure de son héritage. Dans ses crayères inscrites à l’UNESCO, dix-huit amateurs seulement ont été conviés le 18 avril dernier à un voyage sensoriel, où les millésimes dialogueront de 1926 à 2026. Pensé avec le chef étoilé Arnaud Donckele, ce dîner en cinq temps promet une traversée du goût, jusqu’à l’instant suspendu de la dégustation du 1926.

Ainsi va le champagne : une affaire de patience, de transmission et d’émotion. Chez Ruinart, le temps ne passe pas, il s’élève en bulles.

Photos © Rachelle Simoneau

Cet article a été publié le 20 avril 2026.

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