Exportations de vins et spiritueux : un excédent solide sous pression
Face aux fortes turbulences des marchés internationaux, les entreprises françaises de vins et spiritueux affichent leur détermination. À l’occasion de Wine Paris, Gabriel Picard, président de la FEVS, a rappelé la combativité du secteur : « Face aux défis actuels, nos entreprises exportatrices de vins et spiritueux sont combatives et prêtes à défendre leurs positions et conquérir de nouveaux débouchés commerciaux. » Un message volontariste dans un contexte marqué par un net ralentissement des échanges.
Avec un solde commercial positif de 13,2 milliards d’euros, les vins et spiritueux confirment leur place de troisième excédent commercial français, derrière l’aéronautique et les cosmétiques. Ce résultat souligne le poids stratégique de la filière dans la balance commerciale et dans l’économie des territoires. Pourtant, la dynamique s’essouffle. En 2025, les exportations ont atteint 14,3 milliards d’euros, soit un recul de 8 % en valeur. Une contraction significative qui fragilise l’ensemble de l’écosystème, des viticulteurs aux grandes maisons, en passant par les négociants et les logisticiens.
Le contexte international cumule les facteurs de tension : ralentissement économique dans les principales zones de consommation, inflation persistante pesant sur le pouvoir d’achat, incertitudes géopolitiques et multiplication des barrières commerciales. Les cinq premiers marchés des vins et spiritueux français sont en retrait : les États-Unis, premier débouché du secteur, mais aussi le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine et Singapour. La modération de la demande américaine, la prudence des importateurs britanniques dans un environnement post-Brexit, le tassement du marché chinois et la moindre dynamique asiatique affectent directement les volumes et les valeurs exportées.
À ces éléments conjoncturels s’ajoutent des évolutions structurelles : montée en puissance des producteurs du Nouveau Monde, pression sur les prix d’entrée de gamme et évolution des modes de consommation, notamment chez les jeunes générations. Les arbitrages budgétaires des consommateurs privilégient parfois des produits moins premium, pesant sur certaines catégories.
Dans ce climat incertain, la filière mise sur ses atouts : puissance des marques, image d’excellence, ancrage patrimonial et capacité d’innovation. La montée en gamme, la diversification vers de nouveaux marchés à fort potentiel et le renforcement des stratégies digitales constituent des axes prioritaires. L’enjeu est double : préserver les marges dans un contexte inflationniste et reconquérir des parts de marché lorsque la conjoncture s’améliorera.
Malgré le recul observé en 2025, les vins et spiritueux demeurent un pilier du commerce extérieur français et un vecteur essentiel du rayonnement économique national. La résilience du secteur sera déterminante pour maintenir ce rang stratégique dans les années à venir.
Sources et graphiques : FEVS
Cet article a été publié le 11 février 2026.







