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Jérôme Despey : viticulteur-négociateur.

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Président de la cave coopérative de Saint-Génies-des-Mourgues en Languedoc-Roussillon, Jérôme Despey est surtout le monsieur Vin de FranceAgriMer. RVI : Les derniers chiffres
concernant le revenu des viticulteurs sont plutôt encourageants ?

J.D. : Le revenu viticole a effectivement augmenté de 27-28 % en 2010-2011 mais les chiffres sont à relativiser puisqu’ils sont comparés à la campagne précédente très difficile.

Même si le secteur est en tête des progressions du monde agricole, il s’agit juste de rattrapage puisque nous sommes revenus au niveau d’il y a une quinzaine d’années. La France n’est qu’au 23ème rang sur 27 dans l’Union Européenne en matière de revenu agricole avec clairement une perte de compétitivité et un secteur plombé par les charges, les coûts des matières premières et des intrants… Nous avons aussi perdu des ha avec les producteurs de plus de 55 ans qui ont profité des primes à l’arrachage pour partir, notamment dans ma région du Languedoc-Roussillon. Plus de 33 000 ha au total qui ont été définitivement arrachés mais qui ont permis des mesures de restructuration et de modernisation.

RVI : Où en sont les négociations avec l’Europe ?

PAC ou pas PAC ? L’abolition des droits de plantation est-elle évitable ?

La viticulture ne pèse que 2 % des aides de la PAC. Il faut absolument se maintenir dans ce système dont se désintéressent les viticulteurs qui ont été trop habitués à négocier à part. C’est une erreur car nous dépendons bel et bien d’un budget communautaire global et la viticulture est concernée par les attentes environnementales, de développement rural et nous pouvons profiter des aides dans ce cadre. L’Europe pourra-t-elle maintenir à l’identique son budget en 2014. Rien n’est moins sûr. Il faut d’abord se battre pour le maintien des droits de plantation dont la fin est à ce jour prévue pour janvier 2016, prolongeable jusqu’en janvier 2019. Malgré le ralliement de la Grèce en fin d’année, il manque encore 4 ou 5 pays pour avoir une majorité afin de convaincre le collège des commissaires européens de se ressaisir du dossier.

Je crois encore à l’obtention d’une majorité pour présenter à nouveau le dossier mais l’enjeu réel est de l’obtenir le plus tôt possible, c’est-à-dire au plus tard en 2012, pour disposer d’un vecteur législatif qui inverserait la politique européenne. Leur abandon serait un véritable désastre économique ; la viticulture serait gérée par des capitaux, ce qui ne manquerait pas de déstabiliser notre système d’appellations d’origine.

Lire la suite dans la RVI 3895 de février 2012

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