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« Climate change », l’état d’urgence !

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L’Australie est en flamme … la conférence des Nations unies sur le climat (COP25) a fermé ses portes à Madrid alors que s’éloigne l’objectif de contenir le réchauffement à un niveau soutenable. « Des transformations sociétales et économiques majeures doivent avoir lieu au cours de la prochaine décennie pour compenser l’inaction du passé », préviennent les experts du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dans un rapport sur les trajectoires des émissions de gaz à effet de serre, rendu public mardi 26 novembre. Ce quasi-ultimatum s’ajoute aux observations, répétées depuis plusieurs années par les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), et aux slogans scandés par les marcheurs pour le climat, qui devraient se mobiliser une nouvelle fois à l’occasion de la 25conférence des Nations unies sur le climat (COP25) réunie, du 2 au 13 décembre, à Madrid.

Le réquisitoire est sévère. Les 55 auteurs du rapport du PNUE, issu d’un consortium rassemblant vingt-six nationalités, n’hésitent pas à qualifier les années 2009-2019 de « décennie perdue » dans la bataille pour faire chuter les rejets carbonés et respecter l’objectif de l’accord de Paris scellé en 2015 de contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C. Les chercheurs n’entrevoient aucun pic des émissions mondiales dans les prochaines années et s’attendent à une hausse de près de 3,4 °C à 3,9 °C de la température du globe d’ici à la fin du siècle, « ce qui entraînera des impacts climatiques vastes et destructeurs ».

Pour le compte de ProWein, l’université de Geisenheim a interrogé  pour la troisième fois à la mi-2019 plus de 1700 experts de la branche  viticole issus de 45 pays sur les marchés viticoles internationaux,  les tendances de la distribution et la situation économique. Au  centre de l’enquête de cette année se trouvent les effets du  changement climatique pour la globalité de la filière viticole. L’étude  comprend toute la chaîne de valeur du vin. Faisaient partie des  interrogés autant des producteurs de vin (domaines, caves,  coopératives) que des intermédiaires (négoce, exportateurs et importateurs) et  des distributeurs (grossistes, revendeurs, hôtels et restaurateurs).  « C’est la combinaison des perspectives diverses des  producteurs, intermédiaires et revendeurs sur plusieurs années  qui dresse une image complète et globale sur le plan international », comme le souligne le  Pr. Simone Loose, directrice de l’Institut pour l’économie du vin et des  boissons de l’Université de Geisenheim, soulignant la pertinence du  Business Report 2019. « Par là, le ProWein Business Report est le  baromètre de tendances le plus complet au monde de la filière vin. »

A court terme, la branche internationale du vin se voit confrontée aux  défis de la politique sanitaire, de la situation économique globale et  d’obstacles croissants au commerce. A long terme, le changement  climatique impose à la branche de grands défis, qui se sont déjà fait  remarquer auprès des acteurs ces cinq dernières années.

Les plus concernés par le changement climatique ont été, et  continueront à être, les producteurs de raisin et de vin. Il ne leur reste  souvent que peu de possibilités d’éviter ce qui arrive, puisqu’ils sont  dans la plupart des cas liés économiquement à leur vignobles en qualité de propriétaire. Par des changements  dans la pratique viticole, dans la gestion des récoltes, dans les  procédés oenologiques et par l’utilisation de l’irrigation, les conséquences du changement climatique sur les vignes et le vin sont  atténuées. Pour l’avenir, on prévoit un grand besoin en nouveaux  cépages plus tolérants à la chaleur et au manque d’eau. Au-delà de  ces mesures d’adaptation dans les zones viticoles existantes, la  viticulture s’exilera aussi de plus en plus dans des zones plus fraîches  situées en hauteur ou plus loin de l’équateur.

Les effets du changement climatique sur la viticulture se transmettent à  travers toute la chaîne de valeur et à tous les acteurs de la branche du  vin. Les entreprises situées au début ou au milieu de la chaîne de  valeur ont jusqu’ici amorti la plupart de ces effets. Mais à l’avenir, ces  effets se feront sentir plus fortement chez le négociant et le  consommateur. Outre les producteurs, les caves qui mettent en  bouteille, en qualité d’acheteuses de vrac, et les exportateurs,  en qualité d’intermédiaires sur les marchés internationaux,  sont en  cela les plus exposés aux risques dus à l’augmentation de la variabilité  des prix, des quantités et des qualités du vin. Les entreprises réagiront  à ce risque croissant autant par une collaboration renforcée avec les  producteurs que par le passage à d’autres producteurs et origines.  « Partout dans le monde de la culture du raisin, nous percevons  l’impact du changement climatique. Nombre d’entreprises viticoles ont  pris des décisions commerciales majeures sur la base de risques et  d’opportunités liés au climat, y compris un investissement moindre ou l’acquisition de vignobles sur la base de leur altitude, latitude, et/ou accès  aux ressources en eau », souligne Dr. Dan Johnson, Directeur Général, The Australian Wine Research Institute.

Les acteurs de la branche du vin voient un grand besoin d’améliorer la  durabilité de la branche. Outre un besoin réduit en eau, le besoin en  énergie, et par là l’empreinte carbone, de la production et du  commerce du vin doit être réduit. De plus, il existe le grand défi de  convaincre également le consommateur de l’utilité du vin durable. Des  standards unifiés au sein de la branche, combinés à des campagnes  d’information et de persuasion peuvent être une solution à  cela. « C’est important que le changement climatique soit la  préoccupation centrale (indépendamment des catégories de vins) de  ce ProWein Business Report 2019. Nous devons réduire nos  émissions de façon drastique, et il faut agir plus à tous les niveaux.  Chaque entreprise devrait avoir mis en place un programme de  décarbonisation, mais le maître-mot est « passer à l’action  collectivement »,  et les établissements viticoles devraient montrer  l’exemple et mener le mouvement. La nouvelle initiative IWCA  (International Wineries for Climate Action – www.iwcawine.org) facilite  la coopération entre établissements viticoles concernant le  changement climatique. Espérons qu’IWCA poussera d’autres  établissements viticoles à s’y joindre, afin d’accélérer ou démarrer  l’implémentation de programmes de réduction des émissions de  carbone. » Miguel A. Torres, Président et 4e génération de Familia  Torres. « Le grand intérêt porté à la durabilité que montre le rapport  confirme nos propres observations sur le marché nordique.  L’organique certifié est un exemple de « comment on communique des  produits durables aux consommateurs ». Cependant, nous saluons un  complément à l’organique, qui prend en compte un éventail plus large  de problèmes de durabilité à travers des certifications de durabilité  nationales et internationales établies à présent dans beaucoup de  pays », souligne Marcus Ihre, Sustainability Manager Supply Chain,  Systembolaget.

Les attentes économiques de la branche se sont d’une part  assombries par les défis conjoncturels et les barrières commerciales.  D’autre part, les forts reculs chez les producteurs sont symptomatiques  des effets économiques d’une forte volatilité pour causes climatiques des quantités récoltées et des prix qui en résultent. La continuation de  l’adaptation de la branche du vin aux effets du changement climatique  continue à être un grand défi. C’est pour cela qu’il est aussi dans le  grand intérêt de la branche du vin de contrer le changement climatique  ensemble par des mesures de durabilité efficaces. « Pour atteindre les  objectifs COP 21, une réorientation rapide et courageuse est  nécessaire. Toutes les industries et tous les pays sont sollicités pour  cela.

Mais l’industrie des vins et spiritueux en particulier a la possibilité  de se positionner en tant que précurseur. Pas uniquement pour tenir  un rôle de modèle, mais aussi afin de préserver ses propres intérêts et  son succès économique futur. De l’eau propre et de l’énergie durable  seront les matières premières les plus importantes de la Terre. La  viticulture dépend particulièrement de cela », développe Bastian  Mingers, Directeur de division Vins et spiritueux et Directeur de ProWein. « ProWein veut s’engager dans l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C et offrir  à l’industrie une plateforme d’échange d’expériences et de savoir dans  ce but.»

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